Les lois de la guerre

Je voudrais vous parler ce matin de la guerre sainte que nous sommes tous obligés de livrer, en m’appuyant sur le texte de l’évangile de Luc où nous voyons Jésus tenté par le diable après son baptême dans le Jourdain. Soyons en sûrs, la tentation concerne absolument tout le monde, que nous soyons croyants ou incroyants.

Bien sûr, nous qui connaissons Christ, nous avons changé de camp ; nous sommes passés des ténèbres à la lumière car Jésus est la lumière qui est venue dans ce monde pour éclairer tout homme. En ayant accepté Christ et sa Seigneurie, nous avons fait un choix important : celui de renoncer à nos anciennes armes. Quand nous étions incroyants, sceptiques ou athées, nous comptions énormément sur le mensonge, la tromperie, la dissimulation pour nous défendre ou tirer avantage. Mais en nous convertissant, nous avons appris qu’il est avantageux de dire la vérité parce que Dieu travaille toujours avec la vérité. Par contre le diable qui est le père du mensonge, travaille toujours avec le mensonge. Nous nous couvrons donc soit de vérité, soit de mensonge, que nous soyons incroyants ou croyants car le diable peut parfois tenter le croyant par le mensonge.

Nous avons aussi appris en tant que chrétiens que l’humilité et l’esprit de service sont beaucoup plus avantageux que la manipulation et l’intimidation parce que nos dons ne peuvent correctement se développer que dans un esprit de service et d’humilité. Ceux qui ne veulent pas avoir cet esprit-là perdent beaucoup de leur potentiel. Nous avons aussi compris que nos anciens plaisirs dérivés de notre égoïsme ou supposés compenser certaines frustrations, ne menaient nulle part si ce n’est à nous corrompre. Et nous avons appris que la pureté était un gain surtout sur le plan relationnel.

Bien-aimés, même si nous avons changé de camp, nous pouvons être tentés de nous laisser reprendre par ces choses. C’est cela le combat spirituel de la tentation.

Pour ceux qui ne sont pas chrétiens, je leur pose la question : qui vous a appris à mentir ? Vos parents ? Pas nécessairement. Les enfants n’ont pas besoin de leurs parents pour apprendre à mentir dès leur plus jeune âge. Qui vous a appris à devenir jaloux et à tirer les cheveux de vos frères ou sœurs ? Vos parents ? Comment ces mécanismes peuvent-ils être si naturels chez les enfants ? D’où viennent-ils ?

La Bible n’est pas un manuel de philosophie mais elle expose le monde spirituel des ténèbres et de la lumière. Elle met en évidence que le mal n’est pas un concept philosophique ou culturel qui est variable d’une civilisation à l’autre mais quelque chose de mystérieux qui dépasse l’être humain et ne saurait être justifié sur le plan rationnel.

Voilà pourquoi nous autres chrétiens avons besoin d’un reformatage de notre conscience par la parole de Dieu qui renouvelle notre intelligence et nous montre comment Dieu voit les choses.

Pourquoi fallait-il que Jésus soit tenté ?

Vous avez tous appris le ” Notre Père ” et vous avez tous appris à réciter dans la deuxième partie de cette prière “ Ne nous soumets pas à la tentation mais délivre nous du mal “. Dans le chapitre de la tentation de Jésus, il est intéressant de voir qu’à peine baptisé dans le Jourdain et baptisé du Saint-Esprit, Jésus est immédiatement conduit par l’Esprit dans le désert de la tentation. Pourquoi Dieu conduit-il ainsi son propre fils dans la gueule du loup ? L’envoyait-Il au casse-pipe ? Non, Dieu n’envoie jamais personne au casse-pipe, y compris son propre fils.

La première raison d’une telle exposition, c’est qu’Il avait confiance en son Fils. Il savait que son Fils avait une pleine assurance dans son amour et dans son identité.

Bien-aimés, il ne faut jamais oublier qu’avant de l’envoyer dans le désert de la tentation, Dieu lui a d’abord révélé lors de son baptême dans le Jourdain combien il l’aimait : “tu es mon fils bien aimé, dans lequel j’ai mis toute mon affection”.

Ces paroles ont eu une telle résonance dans sa vie ! Jésus savait déjà avant d’où Il venait et qui il était, mais cette confirmation paternelle va désormais le soutenir dans tous ses combats. Dieu le Père ne l’a pas seulement testé, Il a cru en son Fils. Et quand Jésus a compris que son Père avait confiance en Lui, Il a joué le jeu. Il savait que son Père était avec Lui et ne trahirait pas sa confiance.

Bien-aimés, le fait que Dieu nous fasse confiance est un facteur déterminant pour entrer dans la guerre.

Voilà donc la première loi de toute guerre spirituelle : nous ne pouvons nous confronter à l’ennemi si nous savons qui nous sommes et si nous ne sommes pas sûrs d’être aimés de Dieu.

Frère ou sœur, si tu manques d’assurance dans l’amour de Dieu, ne t’engage pas dans des guerres spirituelles car tu vas te faire détruire !

Le diable savait très bien que Jésus était le Fils de Dieu. En le défiant par ces paroles provocatrices : ” si tu es le fils de Dieu “, Satan voulait en fait tester si Jésus avait bien intégré son identité et ça c’est une vraie question.

En réalité la plupart des attaques surviennent généralement à ce niveau dans la vie des chrétiens : est-ce que tu es vraiment sûr d’être né de nouveau ? Regarde ces choses négatives que Dieu te permet de vivre ? Es-tu sûr d’être vraiment son enfant ? T’aime-t-Il vraiment ? Voilà les premières attaques que nous subissons tous à un moment ou un autre. Si tu n’es pas sûr de ton identité et de l’amour du Père, tu ne pourras résister à la tentation.

La deuxième raison pour laquelle Dieu a permis que Jésus passe par là c’est qu’il fallait que Jésus s’identifie en toutes choses avec nous afin de devenir le nouvel Adam.

Si Jésus avait utilisé son autorité divine pour changer les pierres en pains, Il n’aurait plus été comme nous mais aurait triché avec son humanité, utilisant des ressources que nous n’avons pas. De ce fait, il ne pouvait plus désormais s’identifier avec nous et être un souverain sacrificateur miséricordieux comprenant tous nos besoins.

Le diable voulait donc le pousser hors des limites de son humanité. Mais le plan du Père était que son Fils souffre en tant qu’homme et vive les mêmes choses que nous. Heureusement que Jésus n’a pas mordu à l’hameçon de cette tentation mais s’est soumis au plan et à la volonté de son Père !

La première victoire de Jésus sur le diable a donc été une victoire de résistance. Il n’a rien fait pour attaquer mais n’a fait que de se défendre et résister.

Il est donc vital de comprendre que ce n’est pas la peine de partir en guerre si nous n’avons pas été victorieux dans les domaines de la tentation. Si nous n’arrivons pas à résister au tentateur, nous allons prendre des coups ! Satan peut même prendre encore plus de pouvoir sur nous.

Bien-aimés, si nous n’arrivons pas à lui résister, comment allons-nous lier l’homme fort et le dépouiller de ses biens ? Celui qui veut aller plus vite que ça et ne tient pas compte de cette sagesse élémentaire aura beaucoup de problèmes inutiles. Malheureusement beaucoup de personnes s’engagent dans le combat spirituel alors qu’elles sont absolument vulnérables au niveau de leur résistance s’exposant ainsi à des retours de manivelle inévitables.

Deuxième clé : résister avant d’attaquer

La deuxième clé de la guerre spirituelle qui nous est livrée ici est donc la capacité de résister avant d’attaquer. Cela n’est possible que par une soumission totale à Dieu.

Faites attention. Vous pouvez avoir une grande opinion sur vos capacités offensives, vous prétendez savoir prendre autorité en tant que chrétien. Mais si vous ne savez pas résister, quelle est votre autorité réelle ? L’autorité spirituelle sera toujours en rapport avec notre capacité de résistance. Dans ce passage, Jésus est arrivé dans le désert rempli de l’Esprit, Il en est sorti revêtu de puissance et d’autorité parce ce qu’Il a vaincu. Bien-aimés, comme dans la deuxième guerre mondiale nous sommes soit des résistants que Dieu pourra utiliser dans la guerre, soit des collaborateurs. Cher frère, chère sœur, si tu n’es pas un résistant, tu es forcément un collaborateur et dans ce cas Dieu ne pourra pas faire grand chose avec toi, mais l’ennemi par contre, pourra te tromper.

Je veux aborder à présent le fondement de la résistance de Jésus : Il a pu résister parce qu’Il était entièrement soumis à son Père.

Vous ne pouvez pas résister sans vous soumettre. On touche ici la question de l’obéissance. Jésus a dit : ” Tu m’as donné un corps pour faire ta volonté “. Obéir c’est renoncer à soi-même et à sa volonté propre. Jésus a dit : ” nul ne peut devenir mon disciple s’il ne renonce pas à lui-même “.

Chaque fois que nous obéissons à quelque chose qui ne nous convient pas, nous renonçons à nous-même. Et nous obéissons d’autant mieux que nous nous savons aimés.

Nous retrouvons ici à nouveau la nécessité de cette fondation : as-tu l’assurance d’être aimé par ton Dieu ?

Si tu n’as pas cette assurance, il faut vraiment prier pour cela. Le jour où tu auras cette assurance, cela débrayera ton obéissance. En ce sens, chaque tentation est un test, un révélateur de la réalité de notre soumission.

On croit tous que l’on est soumis au Père jusqu’au jour où on est tenté et attaqué. Après la tentation, nous savons mieux si nous sommes vraiment soumis au Père ou non. Il n’y a rien de tel que la tentation pour mettre les pendules à l’heure et nous permettre de savoir où nous en sommes.

Troisième clé : seule la victoire nous assure le repos

” Après l’avoir tenté de toutes ces manières, le diable s’éloigna de lui jusqu’à un moment favorable “

Frères et sœurs, arrêtez de penser que le diable va vous attaquer tout le temps. Ce verset nous donne un fondement extrêmement important. Savez-vous quand nous entrons dans le repos ? Quand nous avons la victoire ! Il n’y a pas de solution de repos possible tant qu’il n’y a pas de victoire réelle. C’est le fondement de la guerre. On trouve le même principe dans les guerres d’Israël. Moïse dira  :

“Dieu vous donnera du repos, après vous avoir délivré de tous vos ennemis qui vous entourent, et vous vous établirez en sécurité” (Deutéronome 12 v10)

La trêve et le repos sont le résultat de nos victoires.

Quand le diable a vu qu’il a tout essayé sans obtenir la moindre concession, il est parti en attendant le moment favorable. Si je ne vaincs pas le diable, il me harcèlera sans cesse.

Pierre a dit : ” je vous exhorte à ne pas entretenir des convoitises, qui font la guerre à l’âme “. Quand le terrain de la convoitise est installé, c’est la guerre interne assurée. Le diable sait alors que le cycle de la convoitise suit son cours, s’enchaînant automatiquement jusqu’à la destruction ; dans ce cas il n’a même plus besoin d’attaquer.

Reconnaître les moments favorables

Bien sûr, le diable n’est pas content quand il est obligé de céder, mais il va alors attendre ” le moment favorable “. Le moment favorable, c’est quand nous commençons à être déçus. Nous nous attendions à telle chose et Dieu ne l’a pas faite ! Nous sommes soumis à telle ou telle injustice et alors nous nous révoltons. Nous avons l’impression que personne ne nous écoute ou ne nous aime etc… Et alors nous nous isolons.

Frustration, révolte, sentiment d’abandon, solitude sont les terrains par excellence que le diable utilise pour venir vous attaquer.

Bien-aimés, si vous avez des problèmes et que vous vous isolez, vous pouvez être Les lois de la guerre (suite) 8 sûr que l’ennemi vous ciblera particulièrement dans votre isolement. Les gens qui me disent ” moi, je prends du recul, je reviendrai après “, je sais d’avance qu’ils vont sérieusement reculer et ils seront repris par les choses du monde. Car l’ennemi lui, n’attend pas ; il fonce dès qu’il voit un moment favorable. Et il met le paquet !

Le diable aime particulièrement le terrain des sentiments et des émotions. C’est comme cela qu’il a eu Adam et Eve au départ. Il leur a d’abord dit un gros mensonge pour les manipuler en leur faisant croire que Dieu leur avait caché qu’en mangeant le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, ils seraient comme des dieux. Et s’il leur a caché cela, c’est qu’Il ne les aimait pas vraiment ! Le diable a fait tout un procès à Dieu et c’est toujours comme cela qu’il attaque.

Ainsi le diable attaque lorsque nous sommes fragiles, vulnérables, dans la frustration ou dans des moments de grand besoin. A ces moments-là, le diable vient nous tenter sur le terrain de nos sens, de nos émotions, de nos sentiments avec ses armes préférées : le mensonge, la séduction, le procès de Dieu, la peur, la corruption, l’orgueil, la dérision.

Les armes du Chrétien

Nous connaissons les armes de Satan, mais quelles sont les nôtres ? Comment Jésus a-t-il résisté ? En citant les écritures ” il est écrit… il est écrit “. Le diable lui aussi connaît les écritures et de plus il est intelligent ! C’était même l’être le plus intelligent et le plus merveilleux que Dieu avait créé dans le ciel : Lucifer, ce qui signifie ” porter la lumière “. C’était un porteur de lumière, mais il s’est corrompu dans son orgueil. Il a voulu devenir l’équivalent de Dieu et a fini par devenir son concurrent, lui déclarant la guerre : ” il n’est pas normal qu’Il ait toute la louange et toute la gloire, j’ai aussi droit à mon lot, on ne veut pas d’un totalitarisme “. Ça a été la grande révolution céleste.

La première arme est la parole de Dieu, l’épée de l’Esprit

(Ephésiens 6)

Si tu ne connais pas la parole de Dieu, tu ne pourras pas résister au diable qui lui la connaît mieux que toi et qui pourra ainsi te mener en bateau. Il sait comment la tordre et l’utiliser pour te casser. Mais l’Esprit te la donne pour construire, édifier et avertir. Celui qui lit peu la parole n’a pas beaucoup de chances de l’utiliser correctement quand il est attaqué. Il ne suffit pas de lire la parole une seule fois pour la comprendre. Il y a beaucoup de choses que nous ne comprenons qu’au fur et à mesure que nous la relisons. Attention, nous ne pouvons utiliser que ce que nous ne comprenons correctement !

Mais cela ne suffit pas.

Deuxième arme : la marche par la foi

Le point névralgique sera toujours ce que nous décidons de croire ou ne pas croire. Le combat est une affaire de décision personnelle. Nous avons toujours le choix de décider qui nous voulons croire et ce que nous voulons croire. Si tu crois que tu auras la défaite, et bien tu vivras la défaite parce que tu as décidé qu’il en sera ainsi. Il faut que tu réalises un jour l’immense portée de tes choix. Dans son vieil âge, Abraham avait le choix de croire à son corps décrépi ou à la promesse qu’il allait encore avoir un fils malgré ses cent ans. Nous aurons toujours le même choix à faire : soit nous décidons en fonction d’une situation que nous connaissons bien parce que nous l’avons analysée depuis longtemps ; soit nous croyons en la parole de Dieu qui nous dit le contraire. Dieu ne nous épargnera jamais ce dilemme, c’est à nous de choisir ce que nous voulons faire.

Troisième arme : la discipline

Il n’y a pas d’armée, il n’y a pas de combat spirituel sans discipline personnelle. Si tu es trop fainéant pour te lever, pour prier, pour lire la parole de Dieu, ne t’étonne pas de ta faiblesse face aux attaques de l’ennemi. La guerre est une question de discipline, de vigilance. Jésus a dit : « veillez et priez afin de ne pas tomber en tentation.» La vigilance, c’est de reconnaître d’une part les cycles d’amorçage où les choses vont de nouveau mal s’emmancher et d’autre part les prévenir et les défaire avant qu’il ne soit trop tard.

Quatrième arme : l’obéissance

Jésus nous fournit à ce propos une clef très importante :

“Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé, et d’accomplir son œuvre”. (Jean 4.34)

Cela veut dire que d’accomplir la volonté de Dieu nous nourrit, nous fortifie et nous épanouit. Cela nous rend heureux et fortifie notre volonté. Chaque fois que nous obéissons, nous nous fortifions dans notre être intérieur, il y a quelque chose de plus qui s’est installé dans notre vie, chaque fois que nous désobéissons, cela devient toujours plus difficile d’obéir et nous nous affaiblissons spirituellement. L’obéissance est un principe de croissance.

Cinquième arme : l’humilité

Parvenir à l’humilité de se confesser les uns aux autres et de se repentir est essentiel pour désarmer le Diable. C’est humiliant de se dénuder mais il n’y a pas d’autre issue. Pour désarmer le diable et lui ôter son pouvoir, il nous faut ôter nos vêtements de ténèbres. La confession nous déshabille et désarme le diable qui ne peut plus nous envelopper dans le mensonge. La confession brise la loi du silence, du secret, du mensonge. C’est un principe de guerre. La confession est une arme spirituelle.

Sixième arme : le pardon

Le pardon est aussi une arme car il désarme nos adversaires les plus durs tout en permettant à Dieu d’intervenir. Le pardon est une puissance qui libère.

Conclusion

Après avoir touché quelques principes élémentaires des rudiments de la guerre, il nous faut réaliser que Dieu veut réellement nous aider face à la tentation. Nous ne sommes pas désarmés, nous avons en nous Celui qui nous fortifie et en qui nous pouvons continuellement nous reposer. Mais cela ne nous dispense pas d’exercer le principe de la soumission, de la résistance et de la marche par la foi.

Prions :

Seigneur, nous réalisons aujourd’hui que ni notre volonté, ni nos efforts, ni nos capacités ne suffisent dans cette guerre face à l’ennemi de notre âme. Tu nous as ôté cette illusion maintenant que nous te connaissons. Nous comprenons que nous devons tout le temps puiser en toi, dans ta force et dans ton amour. Seigneur, tu nous as fait comprendre que nous n’avons pas beaucoup d’autorité et d’efficacité dans la guerre si nous ne savons pas résister. Donne-nous un temps de grâce pour entrer dans cette résistance, Seigneur, je veux devenir un résistant et non un collaborateur. Montre-moi ce qui ne colle pas, si c’est un problème de soumission ou un manque de révélation de ton amour. Je veux accueillir ce que tu veux faire de neuf dans ma vie maintenant.

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